Résumé de texte : 3 sujets corrigés avec résumés modèles

Trois textes inédits à résumer au quart (réseaux sociaux, agriculture vivrière, incivisme), avec idées essentielles, résumé modèle compté et grille sur 20.

Le résumé de texte est une épreuve classique des examens et concours de niveau BAC et plus. Voici trois textes inédits de quatre cents à quatre cent cinquante mots, à résumer au quart de leur longueur, avec les idées essentielles, un résumé modèle dont le nombre de mots est vérifié et une grille sur 20. Comptez une heure à une heure et quart par sujet.

Comment ça marche : lisez le sujet, lancez le minuteur et rédigez votre copie dans la zone de texte (le compteur de mots vous guide). Quand le temps est écoulé, affichez le corrigé-type, comparez, puis cochez honnêtement les critères de la grille pour obtenir votre note sur 20. Vous pouvez filtrer les sujets par niveau.

Les règles d’or du résumé

  • Lisez le texte deux fois, puis repérez sa thèse et les grandes étapes du raisonnement (connecteurs, paragraphes).
  • Respectez l’ordre du texte et parlez à la place de l’auteur : pas de « l’auteur affirme », pas de « dans ce texte ».
  • Reformulez avec vos mots : supprimez les exemples, condensez les énumérations, gardez les liens logiques.
  • Respectez le nombre de mots (plus ou moins 10 %) et indiquez-le à la fin : un décompte faux est sanctionné.
  • Donner son avis, ajouter une idée ou un exemple absent du texte.
  • Recopier des phrases entières ou coller des bouts de phrases du texte.
  • Résumer paragraphe par paragraphe en oubliant la logique d’ensemble.

Les sujets

Sujet : résumez le texte suivant, intitulé « Les réseaux sociaux, école ou prison ? » (402 mots), au quart de sa longueur, soit environ 100 mots (tolérance de 10 % : entre 90 et 110 mots). Indiquez le nombre de mots à la fin de votre résumé.

En quelques années, les réseaux sociaux ont envahi le quotidien des jeunes Ivoiriens. Dans les cours de lycée comme dans les maquis, sur les bancs des gares routières comme dans les files d’attente des administrations, le même geste se répète : on sort son téléphone, on fait défiler des images, on commente, on partage. Ce phénomène suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétude.

Il serait injuste de n’y voir qu’un danger. Les réseaux sociaux ont d’abord rapproché les familles dispersées : l’étudiant de Daloa parle chaque soir à sa mère restée au village, le commerçant installé à l’étranger suit la vie de son quartier. Ils ont aussi ouvert des portes. De jeunes créateurs y font connaître leurs vêtements, leurs chansons ou leurs recettes, et certains en tirent un revenu. Des élèves y trouvent des cours en vidéo, des exercices corrigés, des conseils pour préparer un examen. Pour une jeunesse souvent éloignée des bibliothèques et des centres de formation, c’est une chance réelle.

Pourtant, les dangers sont bien là. Le premier est le temps perdu. Des heures entières s’évanouissent devant l’écran, au détriment du sommeil, des révisions et des échanges véritables. Le deuxième tient à la qualité de l’information. Rumeurs, fausses nouvelles et montages circulent plus vite que les démentis, et beaucoup de jeunes partagent un message sans jamais se demander d’où il vient. Le troisième est plus sournois : à force de comparer sa vie à celle des autres, soigneusement mise en scène, on finit par se juger sans valeur. Moqueries, insultes et harcèlement achèvent parfois de blesser les plus fragiles.

Faut-il alors interdire ? L’expérience montre que l’interdiction pure pousse surtout à la dissimulation. La solution passe plutôt par l’éducation. Les parents doivent s’intéresser à ce que font leurs enfants en ligne au lieu de s’en tenir à des reproches. L’école peut apprendre à vérifier une source, à protéger ses données personnelles, à mesurer la portée d’une publication. Quant aux jeunes eux-mêmes, ils gagneraient à se fixer des règles simples : des heures sans téléphone, une vérification avant tout partage, le respect d’autrui dans chaque commentaire.

Les réseaux sociaux ne sont ni un paradis ni un enfer. Ils sont un outil puissant, qui amplifie ce que nous y apportons. Bien utilisés, ils peuvent devenir une école ouverte sur le monde ; mal maîtrisés, ils deviennent une prison dorée.

Convention de décompte : est compté comme un mot tout groupe de lettres séparé par un espace ou une apostrophe (« l’école » compte pour deux mots, « c’est » aussi) ; un mot composé avec trait d’union compte pour un mot.

Corrigé-type

Étape 1 : les idées essentielles, dans l’ordre du texte

  1. IntroductionLes réseaux sociaux ont envahi le quotidien des jeunes et suscitent des réactions contrastées.
  2. Premier mouvement : les atoutsIls rapprochent les familles, offrent des débouchés aux jeunes créateurs et donnent accès à des ressources scolaires.
  3. Deuxième mouvement : les dangersTemps perdu, fausses nouvelles, dévalorisation de soi et harcèlement.
  4. Troisième mouvement : la solutionÉduquer plutôt qu’interdire : rôle des parents, de l’école et des jeunes eux-mêmes.
  5. ConclusionOutil puissant, ils amplifient l’usage qu’on en fait.

Étape 2 : le résumé modèle

Les réseaux sociaux ont envahi la vie des jeunes Ivoiriens et suscitent espoir et crainte. Ils rapprochent les familles séparées, permettent à de jeunes créateurs de se faire connaître, voire de gagner leur vie, et offrent aux élèves des ressources scolaires utiles. Mais ils dévorent un temps précieux, propagent rumeurs et fausses nouvelles, poussent à se dévaloriser et favorisent le harcèlement. Plutôt que d’interdire, ce qui encourage la dissimulation, il faut éduquer : parents attentifs, école enseignant la vérification et la prudence, jeunes s’imposant des règles. Outil puissant, ces réseaux amplifient simplement l’usage qu’on en fait.

(99 mots)

Pourquoi ce corrigé fonctionne

  • Chaque paragraphe du texte est représenté, avec un poids proportionnel à son importance : les dangers et les solutions occupent plus de place que l’introduction.
  • Les exemples concrets (l’étudiant de Daloa, le commerçant à l’étranger) sont remplacés par une idée générale : « ils rapprochent les familles séparées ».
  • Les connecteurs (« Mais », « Plutôt que ») restituent la logique du texte : atouts, puis limites, puis solution.
  • La dernière image (école ou prison) est reformulée sans être recopiée : « ils amplifient simplement l’usage qu’on en fait ».
  • Toutes les idées essentielles sont présentes, sans ajout ni commentaire personnel
  • L’ordre du texte et les liens logiques (opposition, cause, conséquence) sont respectés
  • Reformulation personnelle : aucune phrase recopiée, aucun exemple ni citation du texte
  • Système d’énonciation conservé : on parle à la place de l’auteur, sans « l’auteur dit » ni « le texte montre »
  • Nombre de mots dans la fourchette et indiqué exactement à la fin
  • Orthographe, syntaxe et ponctuation

Sujet : résumez le texte suivant, intitulé « Nourrir le pays par lui-même » (447 mots), au quart de sa longueur, soit environ 112 mots (tolérance de 10 % : entre 101 et 123 mots). Indiquez le nombre de mots à la fin de votre résumé.

On associe volontiers la richesse agricole de la Côte d’Ivoire au cacao, au café, à l’anacarde ou à l’hévéa. Ces cultures d’exportation font vivre des centaines de milliers de familles et pèsent lourd dans l’économie nationale. Pourtant, ce qui arrive chaque jour dans l’assiette des Ivoiriens, l’igname, le manioc, la banane plantain, le riz, le maïs ou les légumes, relève d’une autre agriculture, plus discrète : l’agriculture vivrière. Or c’est d’elle que dépend la sécurité alimentaire du pays.

Cette agriculture repose surtout sur de petites exploitations familiales, et très largement sur le travail des femmes, qui cultivent, transforment et vendent une grande partie des produits. Elle souffre pourtant de handicaps connus. Les parcelles sont petites et les outils rudimentaires. Les semences améliorées et les engrais restent chers. Surtout, une part importante de la récolte se perd avant d’atteindre le consommateur : pistes impraticables en saison des pluies, absence de lieux de stockage, faiblesse des moyens de conservation. Le paradoxe est cruel : des tomates pourrissent dans un village pendant que leur prix s’envole au marché de la ville voisine.

Dans le même temps, les villes grandissent vite et doivent être nourries. Lorsque la production locale ne suit pas, on importe, et une part importante du riz consommé dans le pays vient encore de l’étranger. Cette dépendance expose les ménages aux variations des cours mondiaux : qu’une crise éclate à des milliers de kilomètres, et le prix du sac de riz augmente à Abidjan comme à Korhogo.

Renforcer l’agriculture vivrière suppose d’agir sur toute la chaîne. En amont, il faut faciliter l’accès des producteurs aux semences, à l’encadrement technique et au crédit, notamment pour les femmes, qui accèdent difficilement à la terre et au financement. Au milieu de la chaîne, il faut ouvrir des pistes, construire des magasins de stockage et encourager les petites unités de transformation, qui changent le manioc en attiéké ou le maïs en farine et prolongent ainsi la durée de vie des produits. En aval, il faut organiser les marchés pour que le producteur soit mieux payé sans que le consommateur paie davantage, ce qui passe par la réduction du nombre d’intermédiaires.

Enfin, la question est aussi culturelle. Le métier d’agriculteur souffre d’une mauvaise image auprès des jeunes, qui y voient la pauvreté et la pénibilité. Or une agriculture modernisée, mécanisée et rentable peut offrir des emplois dignes à une jeunesse nombreuse. Nourrir le pays par lui-même n’est donc pas seulement une affaire de production : c’est un choix de développement, qui engage à la fois l’État, les collectivités, les producteurs et les consommateurs.

Convention de décompte : est compté comme un mot tout groupe de lettres séparé par un espace ou une apostrophe (« l’école » compte pour deux mots, « c’est » aussi) ; un mot composé avec trait d’union compte pour un mot.

Corrigé-type

Étape 1 : les idées essentielles, dans l’ordre du texte

  1. ThèseLes cultures d’exportation font la réputation du pays, mais c’est l’agriculture vivrière qui le nourrit.
  2. Les faiblessesPetites exploitations tenues surtout par des femmes, moyens limités, fortes pertes après récolte.
  3. La dépendanceLa croissance urbaine et l’insuffisance de la production obligent à importer, ce qui expose les ménages aux prix mondiaux.
  4. Les remèdesAgir sur toute la chaîne : en amont (semences, conseil, crédit), au milieu (pistes, stockage, transformation), en aval (marchés).
  5. L’enjeu culturelRendre le métier attractif pour les jeunes : un choix de développement.

Étape 2 : le résumé modèle

Si le cacao, le café ou l’hévéa font la réputation de la Côte d’Ivoire, c’est l’agriculture vivrière qui nourrit le pays. Reposant sur de petites exploitations familiales et sur les femmes, elle manque de moyens et perd une part notable de ses récoltes, faute de pistes, de stockage et de conservation. Or les villes croissent et la production insuffisante impose d’importer, notamment du riz, exposant les ménages aux cours mondiaux. Il faut donc agir sur toute la filière : faciliter l’accès aux semences, au conseil et au crédit, surtout pour les femmes ; désenclaver, stocker, transformer ; organiser les marchés. Rendre ce métier attractif pour les jeunes relève enfin d’un choix de développement.

(117 mots)

Pourquoi ce corrigé fonctionne

  • Le résumé suit l’argumentation du texte : constat, causes, conséquences, solutions, enjeu final.
  • Les énumérations sont condensées : « l’igname, le manioc, la banane plantain… » disparaît au profit de « l’agriculture vivrière » ; « en amont, au milieu, en aval » devient trois groupes séparés par des points-virgules.
  • Le seul exemple conservé (le riz) est indispensable : c’est lui qui justifie l’idée de dépendance.
  • Le paradoxe des tomates, simple illustration, est supprimé : l’idée des pertes après récolte suffit.
  • Toutes les idées essentielles sont présentes, sans ajout ni commentaire personnel
  • L’ordre du texte et les liens logiques (opposition, cause, conséquence) sont respectés
  • Reformulation personnelle : aucune phrase recopiée, aucun exemple ni citation du texte
  • Système d’énonciation conservé : on parle à la place de l’auteur, sans « l’auteur dit » ni « le texte montre »
  • Nombre de mots dans la fourchette et indiqué exactement à la fin
  • Orthographe, syntaxe et ponctuation

Sujet : résumez le texte suivant, intitulé « L’incivisme ordinaire » (408 mots), au quart de sa longueur, soit environ 102 mots (tolérance de 10 % : entre 92 et 112 mots). Indiquez le nombre de mots à la fin de votre résumé.

On imagine volontiers que l’incivisme est l’affaire des autres : du chauffard qui grille un feu rouge, du fonctionnaire qui arrive à dix heures, du commerçant qui déverse ses ordures dans le caniveau. Pourtant, à y regarder de près, chacun de nous pratique à sa manière un incivisme ordinaire, fait de petites négligences que l’on juge sans importance.

Jeter un sachet par la vitre d’un taxi, stationner sur le trottoir, couper une file d’attente, brancher un compteur de façon clandestine, promettre un rendez-vous et ne pas venir : pris isolément, aucun de ces gestes ne semble grave. Mais leur accumulation produit des effets considérables. Les caniveaux bouchés provoquent des inondations à la première grosse pluie ; les piétons chassés des trottoirs marchent sur la chaussée au péril de leur vie ; les branchements illicites surchargent les réseaux et privent tout un quartier d’électricité. Ce que chacun croit gagner, tous le perdent.

Comment expliquer cette attitude ? Il y a d’abord le sentiment d’impunité : puisque personne ne sanctionne, pourquoi se priver ? Il y a ensuite la conviction que la chose publique n’appartient à personne, alors qu’elle appartient à tous. On soigne sa cour et l’on salit la rue, comme si la limite de la parcelle marquait la fin de toute responsabilité. Il y a enfin l’effet d’entraînement : lorsque la règle n’est plus respectée par la majorité, celui qui la respecte passe pour naïf.

La répression est nécessaire, mais elle ne suffit pas. Aucun État ne peut placer un agent derrière chaque citoyen. Une règle n’est durablement respectée que si elle est comprise et acceptée. C’est pourquoi l’éducation civique, à l’école comme dans la famille, reste décisive : elle apprend à l’enfant que le bien commun prolonge son propre intérêt. L’exemple compte tout autant. Quand les responsables publics respectent eux-mêmes les règles qu’ils édictent, ils leur donnent une autorité qu’aucun discours ne remplacerait.

Le civisme ne se résume donc pas aux grands gestes des jours de fête nationale. Il se joue chaque matin, dans la manière de conduire, de faire la queue, de traiter un usager ou de se débarrasser d’un déchet. Une nation ne se construit pas seulement par ses routes et ses ponts ; elle se construit aussi par la somme des comportements quotidiens de ses citoyens. En ce sens, le premier chantier du développement se trouve peut-être en chacun de nous.

Convention de décompte : est compté comme un mot tout groupe de lettres séparé par un espace ou une apostrophe (« l’école » compte pour deux mots, « c’est » aussi) ; un mot composé avec trait d’union compte pour un mot.

Corrigé-type

Étape 1 : les idées essentielles, dans l’ordre du texte

  1. ThèseL’incivisme n’est pas l’affaire des autres : chacun le pratique par de petites négligences.
  2. Les effetsAnodins isolément, ces gestes produisent ensemble des effets graves : ce que chacun croit gagner, tous le perdent.
  3. Les causesImpunité, idée que le bien public n’appartient à personne, effet d’entraînement.
  4. Les remèdesLa répression ne suffit pas : il faut l’éducation civique et l’exemple des responsables.
  5. ConclusionLe civisme se joue au quotidien ; le développement commence par chaque citoyen.

Étape 2 : le résumé modèle

Nous croyons l’incivisme réservé aux autres, alors que chacun le pratique par de petites négligences. Isolés, ces gestes paraissent anodins ; accumulés, ils provoquent inondations, accidents et coupures d’électricité : chacun croit y gagner, tous y perdent. Ils s’expliquent par l’impunité, par l’idée que le bien public n’appartient à personne et par l’entraînement collectif, qui ridiculise l’honnête citoyen. La sanction, indispensable, reste insuffisante, car une règle ne dure que comprise et acceptée : l’éducation civique et l’exemple des dirigeants sont décisifs. Le civisme se vit au quotidien, et le développement commence par chaque citoyen.

(101 mots)

Pourquoi ce corrigé fonctionne

  • Le « nous » du texte est conservé dès la première phrase : le résumé parle à la place de l’auteur.
  • Les longues listes d’exemples (sachet jeté, stationnement sur le trottoir…) sont remplacées par l’expression générale « petites négligences ».
  • Les trois causes et les deux remèdes sont tous présents, dans l’ordre du texte, avec les liens logiques (« car », « donc »).
  • La formule-clé du texte est reformulée de façon ramassée : « chacun croit y gagner, tous y perdent ».
  • Toutes les idées essentielles sont présentes, sans ajout ni commentaire personnel
  • L’ordre du texte et les liens logiques (opposition, cause, conséquence) sont respectés
  • Reformulation personnelle : aucune phrase recopiée, aucun exemple ni citation du texte
  • Système d’énonciation conservé : on parle à la place de l’auteur, sans « l’auteur dit » ni « le texte montre »
  • Nombre de mots dans la fourchette et indiqué exactement à la fin
  • Orthographe, syntaxe et ponctuation

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