Le résumé et la contraction de texte

Réduction au quart, énonciation, décompte des mots : la méthode du résumé de texte avec un exemple complet de 400 à 100 mots.

Le résumé de texte, qu’on appelle aussi contraction de texte, est l’une des épreuves les plus fréquentes des concours ivoiriens de niveau BEPC et BAC : police, gendarmerie, eaux et forêts, CAFOP, INFAS, douanes, écoles professionnelles. Il paraît simple, mais il obéit à des règles strictes que beaucoup de candidats ignorent. Ce cours vous les explique, puis les applique à un texte complet et à son résumé.

En quoi consiste le résumé ?

Résumer un texte, c’est le réécrire en beaucoup moins de mots, en conservant ses idées essentielles, leur ordre et leur enchaînement logique, et en adoptant le point de vue de l’auteur. Le résumé est donc une réduction fidèle, et non un commentaire, une critique ou une liste de mots clés. Le lecteur de votre résumé doit comprendre ce que dit le texte d’origine sans l’avoir lu.

Le correcteur vérifie trois capacités : comprendre un texte (repérer la thèse et les arguments), hiérarchiser (distinguer l’essentiel de l’accessoire) et reformuler (écrire avec ses propres mots, dans une langue correcte). C’est pourquoi le résumé est un excellent révélateur du niveau d’un candidat, et il est souvent affecté d’un coefficient important.

Le résumé est souvent suivi de questions de vocabulaire, de compréhension ou d’une courte discussion sur un aspect du texte. Gardez du temps pour cette seconde partie : elle rapporte souvent autant de points que le résumé lui-même.

Les règles d’or du résumé

1. La réduction imposée

La consigne précise presque toujours la longueur attendue. La règle la plus courante est la réduction au quart : un texte de 400 mots se résume en 100 mots environ. Parfois, la consigne fixe un nombre précis (« Résumez ce texte en 120 mots ») ou une autre proportion (au tiers, au dixième pour les textes longs). Une marge de tolérance de plus ou moins 10 % est généralement admise : pour 100 mots, vous pouvez écrire entre 90 et 110 mots. Hors de cette marge, des pénalités s’appliquent, et un résumé beaucoup trop long ou trop court peut être sanctionné lourdement.

2. Le respect de l’énonciation

Vous écrivez à la place de l’auteur, comme si vous étiez lui. Vous ne devez donc jamais écrire « l’auteur pense que », « dans ce texte, il est dit que » ou « selon le journaliste ». Si l’auteur écrit à la première personne, vous gardez la première personne ; s’il utilise le « nous », vous le conservez. Vous ne donnez jamais votre avis, même discrètement.

3. Le respect de l’ordre du texte

Le résumé suit le déroulement du texte d’origine, idée après idée. On ne réorganise pas les arguments, on ne place pas la conclusion au début.

4. La reformulation

Il est interdit de recopier des phrases ou des morceaux de phrases du texte. Vous pouvez reprendre les mots clés techniques qui n’ont pas de synonyme (« cacao », « crédit », « foncier »), mais tout le reste doit être reformulé.

5. Le décompte des mots

Vous devez indiquer à la fin de votre résumé le nombre exact de mots utilisés, et ce nombre doit être honnête : les correcteurs recomptent. Le mensonge sur le nombre de mots est souvent sanctionné plus sévèrement qu’un léger dépassement.

Comment compter les mots

Les conventions varient légèrement selon les jurys, mais la règle généralement retenue est la suivante : on compte comme un mot tout ensemble de lettres séparé des autres par un espace ou une apostrophe.

  • « l’agriculture » compte pour deux mots (« l’ » et « agriculture »).
  • « c’est » compte pour deux mots ; « qu’il » compte pour deux mots.
  • Un mot composé avec trait d’union compte généralement pour un mot : « peut-être », « c’est-à-dire » selon l’usage le plus répandu.
  • Un nombre écrit en chiffres compte pour un mot : « 2026 ».
  • Un sigle compte pour un mot : « CEDEAO ».
  • Les signes de ponctuation ne comptent pas.

Astuce : sur votre brouillon puis sur la copie, écrivez un petit trait vertical toutes les 20 ou 25 mots dans la marge. Vous saurez à tout moment où vous en êtes, et le correcteur verra que vous avez compté sérieusement.

La méthode en sept étapes

Pour une épreuve de deux heures comprenant un résumé et des questions, consacrez environ une heure et quart au résumé. Voici la démarche.

  1. Lire le texte en entierUne première lecture rapide permet de comprendre le thème et la thèse générale. Ne soulignez rien encore. Exemple : « Le texte parle des jeunes et de l’agriculture ; l’auteur pense qu’il faut les réconcilier. »
  2. Compter les mots du texteComptez ou estimez (mots par ligne multipliés par le nombre de lignes) pour connaître la longueur cible. Souvent, la consigne donne ce chiffre.
  3. Repérer la structureRelisez en soulignant les connecteurs logiques (pourtant, en effet, donc, enfin, cependant) : ils révèlent la progression de l’argumentation. Délimitez les paragraphes ou les grandes étapes du raisonnement.
  4. Dégager l’idée essentielle de chaque partiePour chaque paragraphe, écrivez en marge une phrase courte qui résume son idée principale. Distinguez les idées (à garder) des exemples, anecdotes, répétitions et citations (à supprimer ou à regrouper).
  5. Répartir les motsRépartissez le nombre de mots disponible selon l’importance de chaque partie. Un paragraphe central et dense recevra plus de mots qu’une simple introduction.
  6. Rédiger au brouillonRédigez un texte continu, bien lié par des connecteurs, en reformulant. Faites des paragraphes qui correspondent aux grandes étapes du texte. Comptez, puis ajustez en supprimant ou en ajoutant des mots.
  7. Recopier et vérifierRecopiez proprement, relisez l’orthographe, recomptez et indiquez le nombre de mots entre parenthèses à la fin : « (100 mots) ».

Les techniques de réduction

Pour passer de 400 à 100 mots sans perdre d’idée, plusieurs procédés sont utiles :

  • Supprimer les exemples et les illustrations, ou les remplacer par un terme général. Exemple : « le cacao, l’anacarde, l’hévéa, le palmier à huile, le manioc » devient « les cultures d’exportation et vivrières ».
  • Remplacer une énumération par un mot englobant ou une proposition par un nom. Exemple : « parce que les banques hésitent à prêter aux jeunes » devient « faute de crédit ».
  • Supprimer les répétitions et les reformulations de l’auteur.
  • Utiliser des connecteurs forts et brefs (or, donc, mais, cependant) pour garder la logique.
  • Préférer les phrases simples et les constructions nominales.

Exemple complet : texte et résumé

Voici un texte original d’environ 400 mots, du type de ceux proposés aux concours de niveau BAC. Consigne : Résumez ce texte au quart de sa longueur, soit 100 mots environ (une marge de 10 % en plus ou en moins est tolérée). Indiquez le nombre de mots utilisés.

Texte : « La jeunesse et la terre »

Pendant longtemps, l’agriculture a été présentée aux jeunes Ivoiriens comme le métier de ceux qui avaient échoué à l’école. Dans de nombreuses familles, on répète encore que l’enfant qui n’étudie pas « retournera au champ », comme s’il s’agissait d’une punition. Cette image a produit des effets profonds : chaque année, des milliers de jeunes quittent les villages pour Abidjan ou pour les grandes villes de l’intérieur, à la recherche d’un emploi de bureau qui, bien souvent, n’existe pas.

Pourtant, la terre reste la première richesse du pays. Le cacao, l’anacarde, l’hévéa, le palmier à huile, mais aussi le manioc, la banane plantain ou le riz nourrissent la population et font vivre une grande partie des ménages. Paradoxalement, ceux qui cultivent ces produits vieillissent. Dans beaucoup de villages, l’âge moyen des planteurs dépasse largement cinquante ans, et l’on se demande qui prendra la relève lorsque ces anciens ne pourront plus travailler.

Il serait injuste d’accuser les jeunes de paresse. Leur refus s’explique par des raisons concrètes. Le travail agricole reste pénible, faute de machines adaptées. L’accès à la terre est compliqué par les conflits fonciers et par l’absence fréquente de titres de propriété. Les revenus sont irréguliers et dépendent de prix qu’on ne maîtrise pas. Enfin, les banques hésitent à prêter à un jeune sans garantie, si bien que le rêve de créer une exploitation moderne se heurte très vite au manque de capital.

Les choses commencent toutefois à changer. Des jeunes diplômés se lancent dans l’aviculture, la pisciculture ou le maraîchage autour des villes, où la demande est forte. Ils utilisent le téléphone portable pour connaître les prix, vendre sans intermédiaire ou recevoir des conseils techniques. Certains transforment eux-mêmes leurs produits, en attiéké, en jus ou en farine, et multiplient ainsi leurs gains. Ces réussites prouvent que l’agriculture peut devenir un véritable métier d’entrepreneur, rentable et respecté.

Pour que ces exemples se généralisent, il faut cependant une action coordonnée. L’État doit faciliter l’accès sécurisé à la terre et au crédit. Les écoles et les centres de formation doivent enseigner des techniques modernes et la gestion d’entreprise. Les familles, enfin, doivent cesser de voir le champ comme un lieu d’échec. C’est à ce prix que la jeunesse cessera de fuir la terre et en fera le moteur d’un développement durable.

Texte original rédigé pour ce cours (405 mots).

Étape 1 : la structure du texte

Les connecteurs révèlent cinq mouvements :

  1. Le constat (§1)L’agriculture est perçue comme un métier d’échec, ce qui pousse les jeunes vers les villes où l’emploi manque.
  2. Le paradoxe (§2, « Pourtant »)La terre reste la première richesse du pays, mais les planteurs vieillissent sans relève.
  3. Les causes (§3)Ce refus n’est pas de la paresse : pénibilité, problèmes fonciers, revenus irréguliers, absence de crédit.
  4. Les signes de changement (§4, « toutefois »)De jeunes diplômés réussissent grâce à des filières porteuses, au téléphone portable et à la transformation : l’agriculture peut être un métier d’entrepreneur.
  5. Les solutions (§5, « cependant »)Une action conjointe de l’État (terre, crédit), de l’école (formation) et des familles (changement de regard) est nécessaire.

Étape 2 : la répartition des 100 mots

Constat et paradoxe : environ 35 mots ; causes : environ 25 mots ; changements : environ 25 mots ; solutions : environ 15 mots. On donne un peu moins aux solutions car les exemples (État, école, familles) peuvent être regroupés.

Étape 3 : le résumé rédigé

Longtemps, l’agriculture a été considérée comme un métier d’échec, poussant les jeunes vers des villes sans emplois. Or la terre demeure la principale richesse nationale, tandis que les planteurs vieillissent sans relève.

Ce rejet n’est pas de la paresse : travail pénible, accès difficile au foncier, revenus incertains et crédit introuvable découragent la jeunesse.

Cependant, des diplômés réussissent dans l’élevage ou le maraîchage, grâce au numérique et à la transformation des produits, prouvant que l’agriculture peut être un métier rentable.

Pour généraliser ces succès, l’État, l’école et les familles doivent agir ensemble et durablement.

(100 mots)

Étape 4 : ce qu’il faut remarquer

  • Aucune formule du type « l’auteur affirme » : le résumé parle à la place du texte.
  • L’ordre des idées est strictement respecté : constat, paradoxe, causes, changements, solutions.
  • Les énumérations ont été condensées : « aviculture, pisciculture » devient « élevage » ; « attiéké, jus, farine » devient « transformation des produits ».
  • Les connecteurs « Or », « Cependant » et « Pour » conservent la logique argumentative.
  • Les exemples précis (Abidjan, l’âge moyen des planteurs, les cultures citées) ont disparu, car ils illustrent sans ajouter d’idée.
  • Le décompte suit la convention de l’apostrophe : « l’agriculture » compte deux mots.

Les erreurs à éviter

  • Écrire « Dans ce texte, l’auteur montre que… ».
  • Recopier des phrases entières du texte.
  • Donner son avis ou ajouter une idée absente du texte.
  • Changer l’ordre des idées.
  • Garder les exemples et oublier une idée essentielle.
  • Faire un résumé en style télégraphique, sans phrases complètes ni connecteurs.
  • Indiquer un faux nombre de mots.
  • Dépasser largement la marge de tolérance.

Comment le résumé est noté

La grille varie selon les concours, mais on retrouve généralement : la fidélité au texte et la présence des idées essentielles (la moitié de la note environ), la reformulation et la cohérence (enchaînement logique), la correction de la langue, le respect du nombre de mots. Certains jurys retirent un point par tranche de dix mots hors de la marge tolérée ; d’autres annulent le résumé en cas de dépassement très important. Lisez toujours la consigne jusqu’au bout.

S’entraîner

Le résumé ne se maîtrise qu’en pratiquant régulièrement : visez deux résumés par semaine pendant votre préparation, sur des articles de presse ivoirienne ou des textes d’idées. Nos exercices corrigés pour les concours proposent des textes avec résumés commentés. Pour soigner votre orthographe, consultez aussi notre guide pour réussir la dictée, et retrouvez l’ensemble des cours sur la page méthodologie et rédaction.

Cours rédigé par la rédaction de Projobivoire Concours, à partir des usages des concours ivoiriens.

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