Lettre, récit et argumentation : ce sont les trois types de rédaction les plus fréquents au BEPC, au BAC et dans les concours de niveau BEPC ou BAC. Chaque sujet est accompagné d’un corrigé-type complet et d’une grille sur 20 pour vous noter. Comptez quarante-cinq minutes à une heure trente par sujet.
Comment ça marche : lisez le sujet, lancez le minuteur et rédigez votre copie dans la zone de texte (le compteur de mots vous guide). Quand le temps est écoulé, affichez le corrigé-type, comparez, puis cochez honnêtement les critères de la grille pour obtenir votre note sur 20. Vous pouvez filtrer les sujets par niveau.
Les sujets
Sujet : Vous avez passé les grandes vacances chez votre oncle, à Man. Écrivez une lettre à votre cousin resté à Abidjan pour lui raconter votre séjour et lui dire ce qui vous a le plus marqué.
Consignes : respectez la présentation de la lettre personnelle (lieu et date, formule d’appel, formule finale, signature). Environ deux cents mots.
Corrigé-type
Abidjan, le 20 septembre 2026
Cher Ismaël,
J’espère que tu vas bien et que tu es prêt pour la rentrée. Me voici de retour à Abidjan après deux mois inoubliables passés chez tonton Gueu, à Man. Je tenais à t’écrire pour te raconter mon séjour.
Dès mon arrivée, j’ai été frappé par la fraîcheur de l’air et par les montagnes qui entourent la ville. Un dimanche, mon oncle nous a conduits jusqu’à la cascade : l’eau tombait de si haut que nous étions trempés rien qu’en nous approchant ! Nous avons aussi gravi une colline d’où l’on voyait toute la ville. J’avais mal aux jambes, mais la vue valait bien cet effort.
Pendant la semaine, j’aidais ma tante au champ. J’ai appris à récolter le café et à reconnaître les plantes. Le soir, autour du feu, grand-mère nous racontait des contes où l’araignée finissait toujours par se faire prendre à son propre piège.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la sortie des masques lors d’une fête au village. Les danseurs étaient si agiles qu’ils semblaient voler. J’ai compris combien notre culture est riche.
L’année prochaine, tu dois absolument venir avec moi. Salue bien tes parents de ma part.
Ton cousin qui t’embrasse,
Yacouba
Pourquoi ce corrigé fonctionne
- La présentation de la lettre personnelle est respectée : lieu et date, formule d’appel affectueuse, formule finale adaptée à un cousin, signature.
- Le récit est organisé : introduction (raison de la lettre), souvenirs rangés par moments, événement le plus marquant, conclusion tournée vers le destinataire.
- Les temps du passé sont bien employés : passé composé pour les actions, imparfait pour les descriptions et les habitudes.
- Le ton est familier mais correct, avec des détails concrets (cascade, café, contes, masques) qui rendent la lettre vivante.
- Présentation : lieu et date, formule d’appel, formule finale, signature
- Introduction qui salue et annonce l’objet de la lettre
- Récit du séjour organisé, avec des détails précis et un moment marquant bien mis en valeur
- Conclusion tournée vers le destinataire
- Emploi correct du passé composé et de l’imparfait
- Orthographe, ponctuation et vocabulaire
Sujet : Un jour, en rentrant de l’école, vous avez porté secours à une personne en difficulté. Racontez cet événement et dites ce que vous avez ressenti.
Consignes : récit à la première personne, au passé, avec au moins un passage de dialogue et l’expression de vos sentiments. Environ trois cents mots.
Corrigé-type
C’était un mercredi après-midi de mars, à Gagnoa. Le soleil tapait fort et je rentrais du collège avec Salif, mon voisin de table. Nous marchions lentement le long de la route du marché en parlant du devoir de mathématiques.
Soudain, un bruit sourd nous fit sursauter. À quelques mètres devant nous, une vieille femme venait de tomber. Son panier s’était renversé et des oranges roulaient sur le goudron. Les motos passaient sans s’arrêter.
Sans réfléchir, je courus vers elle.
— Maman, vous êtes blessée ? demandai-je en m’accroupissant.
— Mon pied… Je crois que je me suis tordu la cheville, murmura-t-elle, le visage crispé par la douleur.
Pendant que Salif ramassait les oranges, je l’aidai doucement à se relever et à s’asseoir à l’ombre d’un manguier. Je lui donnai de l’eau de ma gourde. Une commerçante, qui avait tout vu, s’approcha et reconnut la vieille dame : elle habitait à deux rues de là. Elle envoya son fils prévenir la famille.
Un quart d’heure plus tard, le petit-fils de la vieille femme arriva à moto. Il nous remercia chaleureusement. Avant de partir, la grand-mère me prit la main :
— Que Dieu te bénisse, mon fils. Tu as un bon cœur.
Sur le chemin du retour, je ne disais rien. J’étais à la fois ému et un peu fier. Je repensais aux motos qui ne s’étaient pas arrêtées et je me demandais combien de personnes souffrent sans que personne ne les voie. Le soir, quand je racontai l’histoire à mes parents, mon père me dit simplement : « C’est cela, être un homme. »
Depuis ce jour, je sais qu’un petit geste peut changer la journée de quelqu’un. Et chaque fois que je passe devant ce manguier, je souris.
Pourquoi ce corrigé fonctionne
- Le récit suit le schéma narratif : situation initiale (retour du collège), élément perturbateur (la chute), péripéties (les secours), dénouement (l’arrivée du petit-fils), situation finale et leçon.
- Le passé simple est employé pour les actions de premier plan et l’imparfait pour le décor, ce qui est attendu au BEPC.
- Le dialogue est correctement ponctué (tirets, incises « demandai-je », « murmura-t-elle ») et fait avancer l’histoire.
- Les sentiments sont exprimés avec précision (ému, fier, pensif), et la fin tire une leçon sans faire la morale longuement.
- Respect du sujet : un secours porté en rentrant de l’école, récit à la première personne
- Schéma narratif complet et progression claire
- Dialogue présent et correctement ponctué
- Expression des sentiments du narrateur
- Temps du récit maîtrisés (passé simple et imparfait)
- Orthographe, syntaxe et richesse du vocabulaire
Sujet : Beaucoup de parents pensent que le téléphone portable est un danger pour la réussite scolaire de leurs enfants. Partagez-vous cet avis ?
Consignes : texte argumentatif organisé (introduction, développement en deux parties, conclusion), avec des arguments illustrés d’exemples. Environ quatre cents mots.
Corrigé-type
Introduction. En quelques années, le téléphone portable est devenu l’objet le plus familier des élèves ivoiriens, de la ville comme du village. Cette présence inquiète de nombreux parents, qui y voient une menace pour la réussite scolaire. Le téléphone est-il vraiment un danger pour les études, ou peut-il au contraire devenir un allié ? Nous verrons d’abord les dangers réels qu’il représente, puis les atouts qu’il offre lorsqu’il est bien utilisé.
Un danger réel quand l’usage n’est pas maîtrisé. D’abord, le téléphone est une source permanente de distraction. Les notifications des réseaux sociaux interrompent les révisions, et beaucoup d’élèves passent des heures à regarder des vidéos au lieu d’apprendre leurs leçons. Ensuite, son usage tardif réduit le temps de sommeil : l’élève qui discute en ligne jusqu’à minuit arrive fatigué en classe et se concentre mal. Enfin, le téléphone expose à des dangers : fausses informations, harcèlement en ligne, escroqueries. Un élève de troisième qui se laisse absorber par ces écrans peut ainsi voir ses notes chuter rapidement.
Un outil précieux lorsqu’il est bien utilisé. Pourtant, le téléphone n’est pas mauvais en lui-même. Il donne accès à des dictionnaires, à des cours en ligne et à des exercices corrigés qui aident à préparer le BEPC ou le baccalauréat. Il permet aussi de travailler en groupe : les élèves d’une même classe peuvent échanger leurs questions et leurs résumés sur une messagerie. De plus, il facilite la communication entre les parents et l’école. Tout dépend donc de l’usage qu’on en fait et des règles fixées : téléphone éteint pendant les heures d’étude, temps d’écran limité, applications éducatives privilégiées.
Conclusion. Je ne partage donc qu’en partie l’avis de ces parents. Le téléphone devient un danger lorsqu’il remplace le travail et le sommeil, mais il peut être un véritable soutien lorsqu’il est utilisé avec discipline. Plutôt que de l’interdire, il vaut mieux apprendre aux élèves à le maîtriser, avec l’accompagnement des parents et des enseignants.
Pourquoi ce corrigé fonctionne
- L’introduction amène le sujet, pose la question et annonce le plan ; la conclusion donne une réponse personnelle nuancée.
- Chaque partie commence par une phrase qui annonce l’idée, puis les arguments sont reliés par des connecteurs logiques (d’abord, ensuite, enfin, pourtant, de plus, donc).
- Chaque argument est illustré par un exemple concret tiré de la vie des élèves.
- La position finale est claire et constructive : elle dépasse le simple « pour ou contre ».
- Introduction : amorce, question posée, plan annoncé
- Arguments pertinents, développés et illustrés d’exemples
- Organisation en deux parties équilibrées et connecteurs logiques
- Conclusion avec prise de position claire
- Respect de la longueur et du thème
- Orthographe, syntaxe et vocabulaire